Poèmes illustrés by myself (avec les
moyens du bord...) :
La Rose

J’aime et puis je ris
Une rose, tu me dis
J’aime et puis je meurs
Docile, à mon heure
Pavillon d'Or

Pavillon, tes ors discrets me narguent rieurs
Fatuité : pourquoi devrais-je te combattre
Seuls les jeunes fous se jettent pareils défis
Les autres s’endorment, si tôt, dans l’indifférence
Prêtant aux imbéciles leurs phrases bavardes
Afin qu’ils puissent briller en ville : invités
Assortis aux sets de table : plats, vains, et huilés…
Pavillon, si j’allais te brûler à mon tour ?
Ce serait, à coup sûr, pour mieux te reconstruire
Plus insolent encore, toujours plus implacable
Pour que tu viennes m’aiguillonner à nouveau
De toutes tes jeunesses reconstituées
Et renvoies aux bas-fonds ces aigreurs émétiques
Ces cris impuissants, ces éruptions lâches
Pavillon : indifférence de l’absolu
Mépris des choses vaines perfection crue
Certitude errant sous nos paupières folles
Sérénité esthétique, temple hiératique
Qui dévoile, flamboyant, la nudité des rois,
Dénonçant la vanité de leurs ambitions
Par sa seule présence, « éternelle et muette »…
Réveil
Je suis l’éveilleur moderne le sonneur
de l’hiver
Par les villes étincelantes l’ultime héraut
Je chante le métal tremblant les sanglants berceaux
Dormeur, médite, tu ne vivras plus longtemps sur Terre
Le monstre d’acier geint on lui peint sur le ventre
Des slogans d’Apocalypse et ils te font peur
Des croix se dressent à ta porte un Christ en leur centre
Ô enfant à l’insondable torpeur
On construit pour toi une bâtisse agréable
On te dit : Aie la foi Aime tu n’es plus seul
On se sacrifie pour toi, pour ta vie coupable
Pour que mouton du troupeau tu te sentes un peu moins veul
Alors tu es heureux tu sers tu pries
Tu te fonds dans l’indiscible
Abreuvé assouvi assagi assoupi
Tu oublies l’angoisse terrible
Tu ne te poses plus de question
Ah qu’il n’y ait plus jamais de question
Dormeur prends garde à l’innommable prends garde à toi
Par les villes ruisselantes de son pas pressant
Il flaire nos fragiles berceaux se pourléchant
ô enfant à l’insondable torpeur prends garde à toi
Le tigre trotte dans la ville et il a faim.
Poèmes illustrés sur le forum du Pinceau et
la Plume :
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